Dans cette édition de Frappe en tribune j’aimerais revenir sur une déclaration de Paul-George Ntep dans l’émission « Le Vestiaire », qui revient sur ses années de formations à l’US Ris-Orangis.

« La tactique c’était tout le monde défend, et j’avais un pote à moi, qui s’appelle Moussa, c’était le N°10, on lui donnait la balle et il me lançait en profondeur et voilà c’était fini »

Ici le problème n’est pas ce que Ntep faisait ou ne faisait pas quand il était jeune.
Mais ce qu’on lui demandait de faire. Ntep a joué à L’US Ris-Orangis de 2001 à 2003 donc entre ses 9 ans et ses 11 ans.

La préoccupation de son entraineur à cette époque était le résultat. A l’âge de 9 ans il sacrifiait le talent de 6 joueurs (car à cet âge foot à 7) pour que UN brille et assure la victoire du coach.
Mais et les autres ? Ils n’auront jamais la chance de jouer, de dribbler, de rater, de réessayer, de progresser, d’apprendre ou de s’amuser. Ils ne pourront jamais faire ce qu’ils voulaient faire en arrivant : Jouer au football.

Les résultats ne sont pas importants en U19 ou même en équipe B, alors en U12…
Ils ne devraient même pas avoir de classement ou de championnat. Juste des matchs pour jouer et progresser. Avec l’envie de gagner, certes, mais l’envie qu’on avait quand on jouait dans la rue avec nos amis. L’envie d’être meilleur que mes potes.
Tout simplement.

Au Barça jusqu’en U15 aucun joueur n’a un poste fixe. Vous pouvez être défenseur une semaine, goal la semaine suivant et attaquant 15 jours plus tard. Pourquoi ? Pour jouer. Pour développer. Pour apprendre. Pour comprendre. Pour s’amuser.

A Schalke Julian Draxler a été placé milieu défensif lorsqu’il jouait en U19. Alors que son poste est milieu offensif. Son équipe a enchainé les défaites durant plusieurs semaines. Mais au final le joueur en est sorti grandi, avec une intensité et des capacités de pressing et de placement qu’il n’aurait jamais eu si il ne devait jouer que dans son confort et dans ce qu’il sait faire.

Alors arrêtons de penser aux résultats des gamins de 9 ans. Laissons les jouer, dribbler, frapper, passer, rater, apprendre et surtout s’amuser.
Et ainsi on s’assurera d’avoir toujours des vrais joueurs de foot !