Ajax, l’école de la formation

Dans un superbe article publié sur eurosport.fr  Ruben Jongkind, co-auteur d’un rapport sue l’état de l’Ajax en 2010, mais également des solutions à adopter pour sortir le club de la crise, revient sur les principaux axes qui ont été améliorés pour permettre de sortir de la crise. 

« On a décidé que si un joueur était prêt à 18 ans, il n’avait pas à attendre plus longtemps. »

Le talent n’a pas d’âge, comme le dit Mbappé « moi tu m’parles pas d’âge ». La carte d’identité d’un joueur ne doit en aucun influencer sur son rôle dans l’équipe. Si un joueur est bon à 17-18 ou 19 ans et bien il doit jouer. Beaucoup d’entraîneurs n’osent pas lancer des joueurs trop tôt, ou leur donner un rôle important trop vite. Mais entre un joueur moyen qui n’apporte rien, et un joueur de grand talent qui fera peut-être 2-3 erreurs de jeunesse… Et bien je préfèrerai le talent. Toujours

 

« Matthijs de Ligt a été formé comme défenseur central. Quand il avait 14 ans, on a décidé de le mettre au milieu de terrain. Si tu penses comme un entraîneur basique, tu te dis que c’est étrange et peut-être même problématique pour le match et donc le résultat final. Mais Matthijs était tellement fort en défense centrale, que c’était dangereux pour sa progression. On voulait le faire progresser sur son utilisation du ballon, sur le fait qu’il doive créer de l’espace avec ses relances, qu’il accélère le jeu, qu’il se développe techniquement. »

Qu’est-ce qui est le plus important dans la formation ?
Indice, la réponse est dans la question. Vous l’avez ? Bien joué, la formation !
Développer un joueur c’est le plus important, le mettre en difficulté pour lui permettre de grandir.
Combien de jeunes joueurs sont très bons à un poste mais ne savent rien faire d’autre ? Prenons un exemple très simple.
Imaginez un jeune U17, un ailier très rapide, plus rapide que tout le monde. Le coach ne demande qu’une chose à l’équipe : « Vous lui passez la balle dans la profondeur sur le côté et il court jusqu’au but. Ok? »
Alors c’est bien, il fera la différence en division régionale. Mais et après ? Bah après rien. Il ne passera pas pro ou sera un joueur moyen. Car personne ne fait une grand carrière que sur une seule qualité.
Par contre si ce coach l’avait mis en 10 pour l’obligé à jouer dans l’axe avec le jeu devant lui, l’obliger à prendre des décisions et à jouer avec moins d’espaces. Et s’il avait joué N°6 ? Pour l’obliger à défendre et être plus agressif sans ballon ? Oui, il aurait progressé.

 

« Pour inculquer cette indépendance vis à vis des résultats auprès des entraîneurs, on a par exemple instauré une rotation. Tous les deux mois, les coaches changeaient d’équipe. Ils passaient des U17 aux U19, des U15 aux U12 »

La formation des joueurs ne peut pas être soumise à la pression des résultats. C’est d’une bêtise absolument énorme.
Pour vous donner un exemple simple une fois par an on peut voir des classements des meilleurs clubs formateurs au monde. Et ce ne sont pas les titres en U12 ou U19 que l’on prend pour faire ce classement, ce sont le nombre de joueurs qui ont fini pro. Alors c’est ça qui doit compter : les joueurs qui passent pro. Les titres U17, personnellement, je pense qu’on s’en fout tous. Le Barça ou l’Ajax sont plus fiers de dire « nos avons formé Messi, Iniesta, Xavi, De Jong, Kluivert etc. » que de dire « nous avons gagné le championnat U17 en 2006 »

 

« On a remarqué et on le sait que les plus grands joueurs ont joué dans la rue et y ont beaucoup appris. Ce n’était plus le cas ces dernières années. On a donc commencé à s’entraîner sur des parkings pour développer leur habilité technique et leur faculté à jouer debout puisqu’on ne peut pas tacler sur du béton. »

Tous les grands joueurs ont dit cette phrase « enfant je jouais dans la rue avec mes amis » aujourd’hui il est de plus en plus difficile de jouer dans la rue.
Mais la rue est essentielle pour avoir des joueurs d’instinct, des joueurs intelligents qui invente toujours plus de passes ou de dribbles. Quelle est la différence ? Et bien comme le dit Ruben Jongkind jouer debout, sans pouvoir se jeter ou tacler. Mais d’autres choses sont essentielles, jouer dans la rue c’est jouer avec des handicaps qui nous font grandir, jouer sur des pierres qui font rebondir le ballon d’une forme étrange et nous force à nous concentrer plus sur le contrôle. Jouer à côté d’un mur et pouvoir faire un grand pont en utilisant le mur, éviter des obstacles et donc devoir les dribbler… Bref l’école de la rue reste essentielle pour avoir plus de joueurs d’instinct et moins de prototypes rapides-puissants.
Moi je suis un amoureux du football, et la technique de Riquelme me fera toujours plus rêver qu’un joueur qui pousse le ballon et court vite pour le rattraper.

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