A quand un Manuel Neuer français ?

 B2bwrnvCIAAbymy« Le problème principal est que les gardiens français n’arrivent pas à s’exporter. On était pourtant la meilleure école de gardiens dans les années 1990-2000. Mais hormis Sébastien Frey, aucun gardien français n’a fait une grande carrière sur la longueur à l’étranger. Il y a eu un peu Fabien Barthez, mais il a été critiqué sur la fin à Manchester United. On le voit encore avec Hugo Lloris actuellement. Il est à Tottenham. C’est un très bon club anglais, mais qui ne fait pas partie de l’élite européenne. Hugo mérite pourtant un club du Top10 européen, qui joue régulièrement la Ligue des Champions. Quand je vois aussi Steve qui est dans un grand club français à l’OM, je m’attendais quand même à ce qu’un grand d’Europe vienne le chercher. Je suis déçu et surpris par rapport à ces trajectoires. C’est une énigme pour moi. » 
Et oui Cédric, les gardiens français n’ont plus la cote… En France on vous dira « mais si, il y en a de très bons » « mais la formation française ETAIT l’une des meilleures donc ça va revenir » ou encore « certains font juste le choix de rester« 
Oui… on va dire ça…
Sinon on va se poser les bonnes questions, et regarder un peu ce qui se fait ailleurs. Pourquoi les grands clubs ne veulent pas/plus des gardiens français? Alors oui, les gardiens français ne sont pas assez bons pour jouer dans un TOP 10, c’est dit. Il y en a des très bons, mais pas des excellents. Aujourd’hui un gardien doit être complet et doit savoir tout faire, mais en France un gardien doit garder, un défenseur doit défendre un milieu doit… milieuter ? Et un attaquant doit attaquer. Triste histoire non ? Que d’enfermer les gens dans des cases.
« Ah ouais tu fais le malin mais ils font comment à l’étranger ? » A l’étranger ? Ben très simple, prenons l’exemple du Barça, jusqu’à l’âge de 13 ans (les jeunes ont toujours évolué en foot 7 et finissent leur première année en foot 11) aucun joueur n’a un poste fixe. Vous pouvez jouer un weekend défenseur, la semaine d’après attaquant de pointe puis gardien 15 jours plus tard. Alors on se retrouve avec des joueurs pouvant jouer à 2-3 postes, des gardiens qui ont touché la balle au quotidien jusqu’à l’âge de 13 ans (ils continuent après vu qu’ils sont incorporés dans les toro et autres jeux). Alors du coup on se retrouve avec des Valdès, des Pepe Reina qui savent mieux traiter le ballon que certains défenseurs de Ligue 1. 
Aujourd’hui en France, les équipes attaquent à 10. Les gardiens à part balancer devant ne savent rien faire leurs pieds. Sur un long coup de pied vers l’avant qu’elle est la probabilité que votre attaquant récupère la balle ? Et si il la dévie qu’elle est la probabilité qu’il trouve un partenaire ? 
Il suffit de voir l’importance d’un Neuer à Munich (et oui, Schalke, son club formateur, applique la même méthode que le Barça). 
Encore un exemple, et cette fois-ci je vais vous parler de Draxler, le milieu offensif du club allemand.
Quand il avait à peine 16 ans, il s’entrainait déjà avec la catégorie U19 et était déjà le meilleur, le souci c’est qu’il ne défendait pas. En France on l’aurait sûrement laissé faire, car c’est une petite star car ceci car cela… Et puis c’est important de gagner les matchs en U19… Mais non, son coach l’a placé au poste de milieu défensif. L’équipe a perdu quelques matchs à cause de lui mais il a appris et compris l’importance de bien défendre. Le coach a perdu quelques matchs du championnat U19, Schalke a gagné un énorme joueur pour son équipe première…

Dans les années 90, avant que la loi empêchant la passe en retrait soit établie, Cruyff obligeait déjà ses gardiens à jouer avec les pieds, un visionnaire. Pas le genre de mec à se dire : « mais si, il y en a de très bons » « mais la formation françaises ETAIT l’une des meilleures donc ça va revenir » ou encore « certains font juste le choix de rester« .

« Le football appartient aux joueurs »

jurgen« Le football appartient aux joueurs, moi quand j’étais footballeur je sentais que, quand j’avais le ballon dans les pieds, je dominais le jeu, je le contrôlais. Ici [conférence sur le football en Argentine] on le contrôle nous, on est très bien. Mais après l’arbitre donne le coup de sifflet, ça commence et là… tu peins des tableaux. Rien. Le football appartient aux joueurs, nous ne devons jamais l’oublier. On va au foot pour les voir eux. […] Tu peux contrôler tout ça (l’organisation sur le terrain) Mais il [Messi] arrive près de la surface, il reçoit un ballon, il est entouré de 4 adversaires et il la met dans la lucarne. Mon ami, quelle influence j’ai moi à ce moment là ? »

Lors d’une conférence en Argentine il y a un an et demi, Pep Guardiola a parlé de son rôle d’entraineur.
On peut tout montrer aux joueurs, comment attaquer, défendre, leur donner le feedback pour le match. Mais au final ce sont eux qui sont sur le terrain pas l’entraineur. Ce sont eux qui décideront de tirer au lieu de passer, de centre fort  au lieu de la mettre en retrait etc.
Même si le coach leur a donné les clés ce sont eux qui ont le pouvoir. Et ça c’est le football.

Aujourd’hui Klopp voit son Dortmund lutter pour ne pas descendre, mais quelqu’un va critiquer la qualité du coach allemand ? Que peut il faire quand son équipe a 8-9 occasions nettes mais que ça ne rentre pas ? Que peut-il faire quand l’adversaire, dans les dernières minutes, met un coup franc en lucarne ? Quelle influence a eu Klopp à ces moments donnés ?

La qualité d’un coach ne peut pas se juger sur les résultats, mais sur la qualité du jeu, sa philosophie. Et je ne prends aucun risque en disant que le Borussia sera bientôt revenu au top en championnat.

5/5 L’entraîneur professionnel en France

Les entraîneurs modestes déclarent après une victoire : « le mérite revient aux joueurs, ce sont eux qui sont sur le terrain ». Pas faux, mais chaque grande équipe a été influencée par son entraîneur. Difficile d’imaginer le catenaccio interiste des 60’s sans Helenio Herrera, le football total de l’Ajax des 70’s sans Rinus Michels, le Milan de Van Basten & Cie sans Arrigo Sacchi, le Porto de 2004 et l’Inter de 2010 sans Mourinho ou dernièrement le Barça sans Pep.

Ces entraîneurs ont tous réussi en adoptant leurs idées selon les caractéristiques des effectifs qu’ils disposaient. Un entraîneur fan de catenaccio ne peut pas demander à un groupe technique comme le Barça de fermer les verrous et attendre devant son but. Tout comme on ne peut pas exiger d’un groupe limité techniquement de prendre le ballon et de construire le jeu.

Il n’y a qu’en France où on voit des entraîneurs utiliser le même schéma tactique quel que soit les joueurs ou le club qu’ils entraînent. Comme si ces entraîneurs avaient acheté un livre décrivant une tactique et s’en servaient sans réfléchir. La paire de 6 au milieu très physique pas technique, ça n’existe plus qu’en France. Les 4-2-3-1 à l’étranger comprennent un vrai ratisseur, le 6, et un relanceur, le 8 (ex : Khedira-Schweinsteiger avec l’Allemagne, Mikel-Lampard à Chelsea, Fernando-Lucho à Porto, Bender-Gündoğan à Dortmund, Carrick-Cleverley à Manchester Utd, …). En gros en EdF actuellement on a des millions de numéro six et zéro dix. Une question se pose : qui organise le jeu ? Bah personne, ne nous étonnons pas des résultats français.

Regardez ce tableau qui suit. Il liste les entraîneurs de Ligue 1 et Ligue 2 de la saison 2013-2014 et leur passé professionnel en tant que joueur.

Coachs L1 L2

Seulement trois entraîneurs n’ont pas été joueur professionnel. A croire qu’il y a un critère de sélection ridicule pour les formations d’entraîneur professionnel. Et puis, on voit toujours les mêmes entraîneurs barouder de clubs en clubs sans même changer leurs styles de jeu. Et si on voit un entraîneur nouveau, généralement il est du même profil que les anciens.
En effet, en quoi un entraîneur n’ayant jamais eu de passé professionnel est obligatoirement un mauvais entraîneur ? Voulez-vous une preuve du contraire ?

Coachs champions

Sur 13 championnats européens 6 ont été remportés par des entraîneurs sans passé professionnel. Dont 2 du top 4 (SAF et Tito ont été professionnels mais l’un peu de temps en Ecosse et l’autre dans des petits clubs de deuxième-troisième division espagnole).
Encore plus frappant.

Coachs C1 C3

Plus d’une compétition européenne sur 3 ! Nous sommes sûrs qu’il existe en France des hommes qui n’ont pas été joueur professionnel mais qui ont certainement le talent, les qualités, le profil pour être entraîneur professionnel. Cependant leur anonymat ne leur permet sûrement pas de pouvoir postuler aux formations indispensables. La France est actuellement peut-être en train de se priver d’un José Mourinho ou Rafael Benitez. A croire qu’elle se satisfait de la pauvreté technique de ses championnats.

1/5 Clubs Français en compétitions européennes ces dernières années
2/5 FFF : des erreurs fatales
3/5 EDF A : De Knysna à aujourd’hui
4/5 EDF jeunes : les œillères du bel été 2013

4/5 EDF jeunes : les œillères du bel été 2013

Les Français, ces éternels pessimistes ont souri cet été. L’EdF U20 championne du monde et les U19 vice-champions d’Europe. Il ne faut pas croire que le problème de la formation est résolu pour autant et que désormais de talentueuses générations vont frapper à la porte des A.

Regardez le tableau ci-dessous

Résultats jeunes

Bilan pour la France : 1 WC U20, 1 Euro U17 et 6 Euro U19. Comment interpréter ces chiffres ?

En U19, la différence entre deux équipes peut se faire de deux façons. Soit une équipe domine l’autre techniquement. Soit à niveau égal la dimension physique donne l’ascendant. En Europe, l’Espagne domine ces compétitions car leur philosophie est axée sur la technique, les premières années de formation sont exclusivement destinées à l’apprentissage technique et la condition sine qua non du recrutement en jeune est le talent technique. Aucun critère physique n’est retenu dans le recrutement des jeunes car cet aspect se travaille plus tard. Les 15 titres européens s’expliquent par cette domination technique et une fidélité perpétuelle à une philosophie claire et définie. D’un autre côté, les Français à 18-19 ans atteignent leur taille maximale, leur physique permet de rattraper le retard technique et les 6 titres le prouvent.

Cependant sur la scène mondiale les « physiques » ou « costauds » bleus sont confrontés à d’autres nations qui misent comme eux sur le physique (Nigéria et Ghana) ou alors sur le talent pur (Brésil et Argentine). Cette année la France a juste été « encore plus » physique sur les autres (1m86 de moyenne pour le groupe Français). Techniquement d’autres nations étaient bien meilleures. Et n’oubliez pas que le titre s’est joué au t.a.b…

La France s’est longtemps targuée d’avoir une génération dorée (celle de 1987 avec Menez, Ben Arfa, Nasri, Benzema…). Bien que certains jouent aujourd’hui dans des bons clubs nous ne pouvons dire de ces joueurs qu’ils sont de grands joueurs européens. Des qualités ils en ont tous, cependant l’égocentricité est incompatible avec les succès dans un sport collectif. Il faut le dire, ces joueurs ne pensent qu’à leur gueule et leur portefeuille.
Voilà ce que pense Montanier de la mentalité des jeunes en France : MONTANIER PHILO FR Ce qui fait la force des grandes équipes c’est notamment la solidarité, l’union, faire l’effort pour l’autre car il le fera pour moi. Seulement si une minorité de l’équipe ne voit pas plus loin que le bout de son nez, l’équipe ne sera jamais compétitive. C’est ce qu’il se passe en France. Des bons jeunes, heureusement les centres de formation de Français arrivent à en sortir régulièrement. En ce qui concerne cette génération 87, ils n’étaient pas moins bons que leurs collègues espagnols, allemands, portugais ou hollandais. La différence se situe dans le crâne.

En Allemagne, après la claque subie à l’Euro 2000 la fédération a décidé de restructurer le système allemand. Désormais les clubs professionnels devaient impérativement (re)construire leurs centres de formation en suivant les prérogatives de la fédé. Le temps des puissants colosses allemands aux grosses frappes était fini. Depuis, les jeunes sont formés techniquement. Le jeu, le talent technique, le plaisir de jouer sont mis en avant. Idem pour la Belgique, la fédé a repensé toute la formation avec les mêmes idées décrites ci-dessus. Et le résultat est payant sur le long terme. Aujourd’hui l’Allemagne reste compétitive (3ème en 2006, finaliste en 2008, 3ème en 2010, demi-finaliste en 2012) en ayant transformé la manière de jouer. Löw s’appuie sur un jeu simple, basé sur la technique et le mouvement. Le Belgique, plus de 10 après avoir pris ces mêmes initiatives, dispose aujourd’hui de jeunes joueurs de premier plan : Courtois, Mignolet, Kompany, Vertonghen, Alderweireld, Vermaelen, Witsel, Chadli, Dembélé, Fellaini, De Bruyne, Mertens, Hazard, Lukaku, Benteke …

Autant dire que tant que des décisions structurelles ne seront pas prises concernant la formation, la philosophie de jeu à suivre, le recrutement etc. les chances de la France dans les compétitions internationales seront minimes.

1/5 Clubs Français en compétitions européennes ces dernières années
2/5 FFF : des erreurs fatales
3/5 EDF A: De Knysna à aujourd’hui
5/5 L’entraîneur professionnel en France

3/5 EDF A : De Knysna à aujourd’hui

Après la honte internationale de l’été 2010, il fallait reconstruire à partir de rien. Laurent Blanc a essayé d’instaurer un jeu plus conservateur et technique mais avec des colosses aux pieds carrés c’était compliqué. Aujourd’hui Deschamps (qui se fiche de la manière car son mot préféré est : « l’attitude » ou « l’envie ») convoque parfois jusqu’à 5-6 joueurs de profils identiques : Matuidi, Gonalons, Pogba, Kondogbia, Mavuba, Guilavogui, Sissoko… Au total depuis 2010, 59 joueurs ont évolué sous le maillot bleu. Quelques noms pour rire ? Hoarau, Amalfitano, Yanga Mbiwa, Briand, N’Zgobia, Saha, Cissé, Fanni, Aly Cissokho, Alou Diarra… Il n’y a qu’à s’arrêter à cette stat frappante : en 13 matchs DD a aligné 13 onze différents… Bon fini la plaisanterie, pour rejoindre ce que disait mon collègue dans un autre article, en sélection il convient de sélectionner les 23 joueurs qui par leur qualités se complémentent le mieux pour suivre une idée, une philosophie de jeu précise.
Prenons l’exemple du Brésil, Il a été compliqué pour ce pays d’enchaîner après les succès du Mondial asiatique en 2002 et de la copa America de 2004. A son arrivée Scolari a défini un groupe, un système et une philosophie simple. Depuis son arrivée le 11 a peu changé. La tactique reste la même (4-2-3-1). Une DC solide (Silva et Luiz) qui ne change pas, des milieux capables de transpercer des lignes dès la récupération du ballon par la passe ou la course balle au pied (Gustavo, Paulinho ou Ramires), 3 talentueux techniciens (Neymar, Oscar, Hulk, Bernard, Lucas…) libres derrière le buteur (Fred, Jô). Le groupe reste généralement le même si un joueur est en forme éventuellement il est appelé. Ainsi la colonne vertébrale de l’équipe ne bouge pas et l’idée, le style de jeu reste le même.

Revenons à l’EdF. Dider Deschamps a-t-il vraiment une idée, un concept de jeu ? A-t-il un groupe fixe qui prend le temps de s’adapter à sa philosophie (si tant est qu’elle existe) ? La réponse est non. DD gère l’EdF à très court terme sans regarder à 4-6 ans. « Untel est en forme ? Bon je le convoque il peut dépanner cette fois-ci » se demande-t-il ce que ce joueur peut apporter dans deux, trois, quatre ans ?

De plus, chaque grande nation de football s’est appuyée sur un noyau dur des clubs nationaux. L’Ajax pourvoyait les Pays-Bas 70’s, Le Bayern à chaque belle épopée de la Nationalannschaft, aujourd’hui la Roja est constituée majoritairement d’azulgranas et de merengues. En France, de par l’absence de locomotives (en attendant les résultats futurs du PSG et Monaco, par ailleurs faiblement garnis de joueurs français), l’EdF pioche ses joueurs à droite et à gauche en Europe selon la forme du moment.

Enfin, si l’on regarde les habituels convoqués de DD, seuls Lloris et Ribéry sont des références mondiales et tauliers dans un grand club européen. A l’inverse en 1998, Zidane, Deschamps, Blanc, Thuram etc. sont parmi les meilleurs au monde à leur poste et sont titulaires dans les plus grands clubs européens.

Toutes les autres nations (beaucoup prétendues inférieures aux bleus) disposent de joueurs de classe mondiale capables d’organiser le jeu et de faire la dernière passe que les bleus n’ont pas. La Belgique (Fellaini, Witsel, De Bruyne), Portugal (Moutinho, Veloso), Chili (Fernandez, Vidal, Isla), Danemark (Eriksen), Slovaquie (Hamsik), Arménie (Mkhitaryan), Japon (Kagawa), Serbie (Matic, Markovic)… Vous pourrez me répondre: « Nasri, Gourcuff & Cie ». Je vous répondrai sont-ils titulaires dans leurs clubs ? Vous pourrez dire : « mais ils sont talentueux ! » Je vous demanderai alors de me définir le talent. Car s’ils en ont (du talent) pourquoi ne sont-ils pas au même niveau que les autres joueurs cités précédemment ?

En attendant, malheureusement à la place de DD à l’heure actuelle la seule solution est de mettre en place un système de petite équipe : la méthode « attentiste » ou « bourrin ». Il a une abondance de mecs physiques capables de défendre serrés. Et devant il dispose de joueurs rapides pour jouer en contre. Malheureusement la situation de l’EdF actuellement ne permet pas de jouer autrement, c’est dire si le niveau Français.

1/5 Clubs Français en compétitions européennes ces dernières années
2/5 FFF : des erreurs fatales
4/5 EDF jeunes : les œillères du bel été 2013
5/5 L’entraîneur professionnel en France

2/5 FFF : des erreurs fatales

Depuis longtemps le football Français croît bien faire en misant sur le physique, la puissance. Les critères pour être recruté en centre de formation ? Grosso modo: 1m80 minimum, grosse VMA, la technique on la travaillera plus tard. Là se trouve l’erreur majeure. La technique est primordiale, c’est la base de l’enseignement footballistique. Les attributs physiques se travaillent bien après.
Voici ce qu’a dit Montanier dans une excellente interview dans France Football n°3517 que je conseille à tous de lire, au sujet du recrutement.

Montanier Denoueix

Lorsqu’on analyse un jeune joueur pour l’intégrer au centre de formation, il paraît logique et surtout essentiel de retenir ses qualités techniques, son intelligence. Pour travailler le physique, l’endurance, la puissance chers aux français ce jeune aura des années de formation pour le faire. Bien que je pense que ces attributs ne semblent pas nécessaires à travailler de manière si intensive.

Concernant l’organigramme, plusieurs interrogations se posent. Noël Le Graet, président de la FFF depuis 2011 est un entrepreneur dans l’industrie des fruits de mer, puis s’est investi dans la vie politique de sa ville (Guingamp). Même s’il a longtemps été le président de l’En Avant Guingamp, on peut laisser planer des doutes sur sa compétence pour le poste qu’il occupe. D’autant plus qu’il s’agit d’une personne qui a défendu Raymond Domenech après la superbe coupe du monde sud-africaine. Cela en dit long sur sa clairvoyance pour ne pas dire compétence.

L’Institut de Formation de Football (IFF) est en charge principalement de la formation d’entraîneurs. L’IFF est dirigé par Vérane Stefani, ex-responsable juridique pendant 11 ans de la Ligue Nationale de … Rugby. Quelque part on comprend mieux les chandelles et les monstres physiques sur les terrains de Ligue 1 (humour).

La DTN (Direction Technique Nationale) a longtemps été présidée par Gérard Houiller et la mise en avant du physique par rapport à la technique peut lui être reprochée. Depuis peu, François Blaquart a pris la tête de la DTN. Il souhaiterait révolutionner la formation, je cite : « privilégier l’intelligence de jeu par rapport à la technique et surtout à l’aspect athlétique ». En soit, c’est un bon début de penser différemment mais entre les paroles et les actes…

Résultat de cette philosophie du physique ? L’EdF se retrouve à jouer avec deux 6 (Sissoko-Guilavogui / Matuidi-Pogba) contre la Géorgie et la Biélorussie… La Géorgie et la Biélorussie sont-elles si dangereuses offensivement pour mettre en place ces deux 6? Selon DD oui apparemment.

1/5 Les clubs Français en compétitions européennes ces dernières années
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4/5 EDF jeunes : les œillères du bel été 2013
5/5 L’entraîneur professionnel en France

1/5 Les clubs Français en compétitions européennes ces dernières années

Le tableau qui suit montre les performances réalisées par pays sur la scène européenne (C1 + C3) depuis 2007/2008.

Résultats pays C1 C3

Même si une fois les totaux de C1 et C3 comptabilisés la France se retrouve cinquième derrière le top 4, le chiffre est trompeur. En C3, la France ne compte aucun représentant dans le dernier carré depuis 2003/2004 et la finale perdue de l’OM contre Valence. Pire encore, des clubs provenant de championnats dits « inférieurs » à la Ligue 1, comme les championnats Ukrainien, Turque, Russe, Ecossais, Danois ou Portugais, ont atteint ce dernier carré récemment. Par ailleurs, les éliminations en huitièmes de finale des deux compétitions (5 en C1 et 6 en C3) boostent le total Français. Autrement dit, les clubs Français peinent à franchir ce cap des huitièmes.
Chez le concurrent principal au niveau de l’UEFA, le Portugal, on a vite compris que l’Europa League serait le levier idéal pour défaire la France de son fauteuil de cinquième championnat européen. Contrairement aux clubs français, les clubs étrangers ne considèrent pas l’Europa League comme un fardeau. Ils se sont battus pour s’y qualifier donc ils la jouent à fond. Les performances de Porto, Benfica, Sporting et même Braga montrent l’exemple aux écuries Françaises. En 2010/2011, les clubs lusitaniens ont frappé fort : 3 clubs dans le dernier carré et une victoire finale au bout. Tandis que dans la même année le meilleur parcours Français était un huitième de finale du PSG… perdu à Lisbonne contre Benfica.

Mais quelles sont les différences entre la Ligue 1 et les autres championnats « inférieurs » ?

C’est simple, ces autres championnats disposent tous d’une voire deux locomotives qui réussissent en coupe d’Europe. Porto et Benfica au Portugal, Shakhtar Donestk et Dynamo de Kiev en Ukraine, les 3 clubs d’Istanbul en Turquie, Le Zénith et le CSKA Moscou en Russie. Quid de la France ? Six champions différents sur les six dernières saisons. Pas top pour trouver un modèle… Du temps où l’OL dominait la Ligue 1 (et la tenait tout seul à bout de bras en Europe), ses performances obligeaient les autres clubs français à se mettre au niveau.
Avec l’arrivée d’investisseurs au PSG et Monaco, la Ligue 1 va peut-être retrouver les locomotives qu’elle avait perdues pour montrer la voie en Europe. Mais l’argent ne décide pas tout dans le football. L’Athletic Bilbao et Braga se sont hissés en finale de l’Europa League récemment. Dernièrement Osasuna, le Werder de Brême, Villareal, Hambourg, Bâle ou le Steaua Bucarest ont atteint les demi-finales. Je ne crois pas que les budgets de l’OM de l’OL ou même du LOSC soient inférieurs à ceux de ces clubs.
Le problème est plus profond.

2/5 FFF : des erreurs fatales
3/5 EDF A : De Knysna à aujourd’hui
4/5 EDF jeunes : les œillères du bel été 2013
5/5 L’entraîneur professionnel en France

L’état de santé préocuppant du football Français

22 Août 2013, barrages qualificatifs pour la phase de poules de l’Europa League, Nice est battu 0-2 à domicile par l’Apollon Limassol, sixième du dernier championnat Chypriote. ASSE a lui été défait 3-4 par Esbjerg, quatrième du championnat Danois. Le 29 Août ces deux clubs français sont éliminés, ils sont vraiment trop forts ces Chypriotes et Danois.
6 Septembre, la France fait 0-0 contre la Géorgie. Quatrième match consécutif sans marquer.
Le 10 Septembre, la France est menée par la Biélorussie à la mi-temps, le cap des 500 minutes sans marquer est dépassé c’est historique ! Score qui complique la tâche des français pour la qualification. Quelques buts casquettes plus tard la situation est résolue mais le mal est toujours profond, ancré.

A première vue ces résultats peuvent paraître surprenants, mais ils sont tout sauf une surprise…

Cela fait un moment que les performances de l’équipe de France (EdF) et des clubs de Ligue 1 en coupe d’Europe ne sont pas fameux.

Après s’être longtemps reposée sur ses lauriers, la Ligue 1 a vu la Liga Zon Sagres (D1 Portugaise) lui piquer la cinquième place au ranking UEFA. Ce ranking UEFA que tout le monde pleure en France mais dont personne ne se soucie de comprendre l’échec ou de restaurer profondément ce qui ne va pas pour le récupérer.

Nous avons décidé d’articuler ce sujet sous 5 articles traitant de thèmes différents.

1/5 Clubs Français en compétitions européennes ces dernières années
2/5 FFF : des erreurs fatales
3/5 EDF A : De Knysna à aujourd’hui
4/5 EDF jeunes : les œillères du bel été 2013
5/5 L’entraîneur professionnel en France

Le mythe de la préparation physique

En réponse à quelques critiques que nous avons eu sur un autre article, nous avons décidé de laisser la parole aux gens qui savent ce qu’est la préparation physique.

« Un autre mythe, par ignorance, c’est de penser que si un joueur court plus il va jouer un meilleur football. » Angel Coppa entraîneur de football  

« Je n’ai jamais vu de joueurs de tennis courir autour du terrain avant de jouer. Ils jouent, tranquillement, frappant la balle quelques fois… et la partie commence. » Paco Seirulo préparateur Physique du FC Barcelone

« Avant, par erreur, on pensait que d’abord il fallait « fabriquer » un athlète et après le faire pratiquer un sport. Si on voulait travailler l’endurance on le faisait à la montagne, à la mer… n’importe où. Et après on adaptait cette résistance à son sport. Mais ce n’est pas ça. Comme ça on perd du temps et de l’énergie, car chaque sport requiert un traitement spécifique. » Paco Seirulo préparateur Physique du FC Barcelone

« C’est une déclaration forte, mais la préparation physique comme une grande partie de la société imagine n’existe pas. Dans le football ce que l’on recherche c’est l’équilibre entre les qualités physiques pour améliorer le niveau individuel à travers des entraînements techniques, tactiques, stratégiques et de complémentarité, et tout ça en pensant au rendement collectif des équipes. » Élio Carravetta, préparateur physique International Porto Alegre 

« Quand on me montre des images de pré-saisons avec des joueurs qui courent et travaillent dans des espaces qui ne sont pas un terrain de football, une plage ou un terrain de golf, je me dis que ce sont des méthodes dépassées, archaïques.  »  José Mourinho

« La forme n’est pas physique. La forme c’est beaucoup plus que ça. Le physique est le moins important dans la globalité de la forme sportive.«  José Mourinho

« Je ne sais pas où commence le physique et se termine le psychologique ou le tactique. Pour moi, le football est global et le joueur aussi et je n’arrive pas à faire de séparation. » José Mourinho

« Je ne travaille pas le physique. » José Mourinho

« Je ne crois pas, que dans le football d’aujourd’hui, il existe des équipes bien préparées physiquement et d’autres mal. Il y a des équipes adaptées, ou non, à la forme de jouer de leur entraîneur. Ce que l’on recherche c’est que l’équipe arrive à s’adapter au type d’effort que notre manière de jouer exige. » José Mourinho

« Aujourd’hui, dans ma méthodologie, il n’y a pas de place pour un préparateur physique traditionnel.«  José Mourinho

« L’objectif final c’est de jouer. Et, si c’est ça l’objectif, l’entraînement ne peut avoir qu’une seule signification : jouer. »  Rui Faria Préparateur Physique dans le livre « Porquê Tantas Vitórias« 

« Notre forme de travailler est clairement différente. Il n’y a pas de secrets. On valorise trop l’aspect physique, mais l’essentiel c’est l’organisation de l’équipe. Le secret est dans le savoir être, savoir faire. » Rui Faria préparateur physique dans le livre « Porquê Tantas Vitórias« 

« Les méthodes de José Mourinho sont très différentes de celles d’Octávio Machado. Avant, on avait 2 séances par jour, le matin on travaillait le physique et l’après midi la tactique. Maintenant on fait le physique avec la balle et comme ça il y a plus de joie à l’entraînement, parce que nous, les joueurs, on aime courir après la balle et non courir pour courir, qui est plus fatigant. Les exercices que l’on fait maintenant sont beaucoup plus motivants. » Ricardo Costa joueur de Valence dans le livre « Porquê Tantas Vitórias« 

Espagne, la passe de 4 ?

Depuis 2008 ils détruisent tout sur leur passage et leur palmarès parle de lui-même : 2 Euros et 1 Mondial.

Désormais il ne manque plus qu’une ligne à ce joli palmarès : la coupe des confédérations. Et hier les Espagnols ont annoncé la couleur : 45 minutes d’anthologie. On a rarement (voire jamais) vu les protégés de Vincente Del Bosque produire un si beau spectacle, du football à l’état pur.

Comme à son accoutumée l’emblématique sélectionneur espagnol déballe un 4-3-3 piloté par une majorité blaugrana.

espagne 4-3-3

Les puristes l’auront remarqué, quand la Roja a la balle (c’est-à-dire 73% du temps cette nuit) elle joue en 3-4-3 comme ci-dessous.

espagne 3-4-3

Alba prend le couloir libéré par Fabregas qui fait l’électron libre au milieu. Busquets se met entre Ramos et Piqué qui se sont écartés. Ce placement de Busquets permet à Ramos, Piqué, Xavi et Iniesta d’avoir sans cesse une ligne de passe. De plus, sa présence rassure les deux centraux qui peuvent tenter une sortie de balle en conduite.

Pedro mord la ligne afin d’élargir la ligne de défense adverse et Soldado reste fixe devant pour mobiliser les deux centraux. De cette manière Fabregas se voit offrir d’innombrables espaces.

Le but encaissé en fin de match (seul tir cadré Uruguayen de la soirée) vient entacher la belle soirée espagnole qui si elle continue ainsi ne devrait pas s’arrêter d’écraser ses concurrents.

Statistiques du match :

Espagne – Uruguay, le 17/06/2013 à Récife (Brésil) – Coupe des Confédérations

Possession : 73% – 27%

Tirs (cadrés) : 17 (8) – 4 (1)

Fautes : 8 – 17

Corners : 5 – 1

Sélection ou équipe ?

Après la tournée française en Amérique du Sud, le débat sur la qualité de l’équipe de France a été remis à l’ordre du jour.

Mais le soucis français est justement qu’on appelle les meilleurs joueurs. Et non pas les plus compatibles/complémentaires.

En 2008 Aragones laisse Raul en Espagne car il estime qu’il n’est pas adapté à son système : il gagnera.

En 2002 Scolari se passera des services de Romario : il gagnera.

En 1998 Aimé Jaquet de passera de Cantona et Ginola : il gagnera.

L’équipe de France doit être une équipe et non pas une sélection de joueurs.
Didier Deschamps n’a aucun plan de jeu, il ne sait donc pas qui appelé et pourquoi l’appelé.

Si X joueur marque ou fait 3-4 mois de haut niveau il sera appelé. Mais pour quoi faire si il n’est pas adapté à mon système ?!

Mais ce souci n’est pas qu’au niveau de la sélection A, c’est un problème de formation. Comme le disait Daniel Riolo cette semaine « la France n’a pas de joueurs intelligents » et quand on voit la faible qualité de jeu proposée par les bleus on ne peut que confirmer les dires du journaliste de RMC.

L’équipe de France ne doit pas subir les pressions des journalistes, agents ou des fans. Les joueurs les plus adaptés au système de DD doivent être appelés. Quelque soit leur prix, leur club ou leur forme du moment.
Mais la question est : DD a-t-il un système de jeu défini ?

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