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Football Tactique

Le football des pieds au cerveau.

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A quand un Manuel Neuer français ?

 B2bwrnvCIAAbymy« Le problème principal est que les gardiens français n’arrivent pas à s’exporter. On était pourtant la meilleure école de gardiens dans les années 1990-2000. Mais hormis Sébastien Frey, aucun gardien français n’a fait une grande carrière sur la longueur à l’étranger. Il y a eu un peu Fabien Barthez, mais il a été critiqué sur la fin à Manchester United. On le voit encore avec Hugo Lloris actuellement. Il est à Tottenham. C’est un très bon club anglais, mais qui ne fait pas partie de l’élite européenne. Hugo mérite pourtant un club du Top10 européen, qui joue régulièrement la Ligue des Champions. Quand je vois aussi Steve qui est dans un grand club français à l’OM, je m’attendais quand même à ce qu’un grand d’Europe vienne le chercher. Je suis déçu et surpris par rapport à ces trajectoires. C’est une énigme pour moi. » 
Et oui Cédric, les gardiens français n’ont plus la cote… En France on vous dira « mais si, il y en a de très bons » « mais la formation française ETAIT l’une des meilleures donc ça va revenir » ou encore « certains font juste le choix de rester« 
Oui… on va dire ça…
Sinon on va se poser les bonnes questions, et regarder un peu ce qui se fait ailleurs. Pourquoi les grands clubs ne veulent pas/plus des gardiens français? Alors oui, les gardiens français ne sont pas assez bons pour jouer dans un TOP 10, c’est dit. Il y en a des très bons, mais pas des excellents. Aujourd’hui un gardien doit être complet et doit savoir tout faire, mais en France un gardien doit garder, un défenseur doit défendre un milieu doit… milieuter ? Et un attaquant doit attaquer. Triste histoire non ? Que d’enfermer les gens dans des cases.
« Ah ouais tu fais le malin mais ils font comment à l’étranger ? » A l’étranger ? Ben très simple, prenons l’exemple du Barça, jusqu’à l’âge de 13 ans (les jeunes ont toujours évolué en foot 7 et finissent leur première année en foot 11) aucun joueur n’a un poste fixe. Vous pouvez jouer un weekend défenseur, la semaine d’après attaquant de pointe puis gardien 15 jours plus tard. Alors on se retrouve avec des joueurs pouvant jouer à 2-3 postes, des gardiens qui ont touché la balle au quotidien jusqu’à l’âge de 13 ans (ils continuent après vu qu’ils sont incorporés dans les toro et autres jeux). Alors du coup on se retrouve avec des Valdès, des Pepe Reina qui savent mieux traiter le ballon que certains défenseurs de Ligue 1. 
Aujourd’hui en France, les équipes attaquent à 10. Les gardiens à part balancer devant ne savent rien faire leurs pieds. Sur un long coup de pied vers l’avant qu’elle est la probabilité que votre attaquant récupère la balle ? Et si il la dévie qu’elle est la probabilité qu’il trouve un partenaire ? 
Il suffit de voir l’importance d’un Neuer à Munich (et oui, Schalke, son club formateur, applique la même méthode que le Barça). 
Encore un exemple, et cette fois-ci je vais vous parler de Draxler, le milieu offensif du club allemand.
Quand il avait à peine 16 ans, il s’entrainait déjà avec la catégorie U19 et était déjà le meilleur, le souci c’est qu’il ne défendait pas. En France on l’aurait sûrement laissé faire, car c’est une petite star car ceci car cela… Et puis c’est important de gagner les matchs en U19… Mais non, son coach l’a placé au poste de milieu défensif. L’équipe a perdu quelques matchs à cause de lui mais il a appris et compris l’importance de bien défendre. Le coach a perdu quelques matchs du championnat U19, Schalke a gagné un énorme joueur pour son équipe première…

Dans les années 90, avant que la loi empêchant la passe en retrait soit établie, Cruyff obligeait déjà ses gardiens à jouer avec les pieds, un visionnaire. Pas le genre de mec à se dire : « mais si, il y en a de très bons » « mais la formation françaises ETAIT l’une des meilleures donc ça va revenir » ou encore « certains font juste le choix de rester« .

« Le football appartient aux joueurs »

jurgen« Le football appartient aux joueurs, moi quand j’étais footballeur je sentais que, quand j’avais le ballon dans les pieds, je dominais le jeu, je le contrôlais. Ici [conférence sur le football en Argentine] on le contrôle nous, on est très bien. Mais après l’arbitre donne le coup de sifflet, ça commence et là… tu peins des tableaux. Rien. Le football appartient aux joueurs, nous ne devons jamais l’oublier. On va au foot pour les voir eux. […] Tu peux contrôler tout ça (l’organisation sur le terrain) Mais il [Messi] arrive près de la surface, il reçoit un ballon, il est entouré de 4 adversaires et il la met dans la lucarne. Mon ami, quelle influence j’ai moi à ce moment là ? »

Lors d’une conférence en Argentine il y a un an et demi, Pep Guardiola a parlé de son rôle d’entraineur.
On peut tout montrer aux joueurs, comment attaquer, défendre, leur donner le feedback pour le match. Mais au final ce sont eux qui sont sur le terrain pas l’entraineur. Ce sont eux qui décideront de tirer au lieu de passer, de centre fort  au lieu de la mettre en retrait etc.
Même si le coach leur a donné les clés ce sont eux qui ont le pouvoir. Et ça c’est le football.

Aujourd’hui Klopp voit son Dortmund lutter pour ne pas descendre, mais quelqu’un va critiquer la qualité du coach allemand ? Que peut il faire quand son équipe a 8-9 occasions nettes mais que ça ne rentre pas ? Que peut-il faire quand l’adversaire, dans les dernières minutes, met un coup franc en lucarne ? Quelle influence a eu Klopp à ces moments donnés ?

La qualité d’un coach ne peut pas se juger sur les résultats, mais sur la qualité du jeu, sa philosophie. Et je ne prends aucun risque en disant que le Borussia sera bientôt revenu au top en championnat.

Il n’y a pas de « XI type »

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Tout d’abord, je recommande fortement à tous les amateurs de football (et plus particulièrement du métier d’entraîneur) qui savent lire en espagnol de lire « Herr Pep » du génial Martí Perarnau.

Pour les non-hispanophones il est écrit ci-dessus:

En plein milieu d’une conversation, Pep interroge l’auteur en tentant de lui faire comprendre un point essentiel. Il demande: « Si la finale de la Champions League était demain, quel serait ton XI? » L’auteur explique, que proposer un XI à Pep et son adjoint était une tentation qu’il ne pouvait refouler. Alors l’auteur armé d’une inconscience irrationnelle lui répondit: « C’est très clair. Je mettrai les onze qui sont le plus en forme à ce moment-là dans un 4-2-3-1 ». L’auteur explique qu’il a commencé à nommer les onze qu’il ferait jouer et Pep écoutait sans broncher. Cependant, Domènec Torrent (un des adjoints de Pep) a tardé moins de deux secondes pour l’interpeller. « Et si c’est contre le Real Madrid de Cristiano et Bale, tu ne mets pas Boateng, le central le plus rapide? Et si c’est contre le Barça, tu affronterais Messi sans Bastian (Schweinsteiger)? Et si c’est contre Chelsea, tu jouerais avec un 9 fixe et sans Götze ni Müller? ». Fin de la traduction.

Ce que Domènec Torrent veut expliquer par là est très simple. Pour gagner un match, il faut au préalable deux requis:

– une excellente analyse du rival: quelles sont ses forces et faiblesses?

– une parfaite connaissance de son groupe de joueurs: quelles sont nos forces et faiblesses?

Il n’y a pas de « XI type ». Bien sûr, les plus réticents pourront nous dire qu’ils sont capables de dégager un « XI type » de toutes les équipes qui ont marqué l’Histoire. Mais la préparation d’un match ne se résume pas à faire jouer les onze « meilleurs » ou les onze qui sont le plus en forme. Selon les caractéristiques de l’adversaire et du groupe qu’il a en sa possession, un entraîneur est toujours amené à modifier son « XI ».

Les onze joueurs que l’entraîneur décide d’aligner doivent, de par leur caractéristiques et celles de l’adversaire, être capables de profiter des faiblesses de l’adversaire pour gagner et de connaître et savoir estomper les forces de l’adversaire.

Cela souligne un aspect clé dans la football actuel, le scouting. Aujourd’hui chaque staff technique dispose de personnes et de technologies suffisamment efficaces pour analyser parfaitement leurs adversaires. Plus loin dans le livre, l’auteur explique la méticulosité de Guardiola et les moyens mis en place par lui et son staff pour connaître les moindres détails des équipes qu’ils affrontent ainsi que l’évolution de leur groupe.

Laissons parler les joueurs

« Il y a vraiment beaucoup de bonne volonté. C’est une méthode différente des saisons précédentes. Il n’y a pas beaucoup de foncier. C’est plutôt basé sur du jeu avec ballon. »

Philippe Montanier pose déjà sa patte ?
« Il apporte sa touche à lui, avec l’expérience qu’il a eue en Espagne. C’est du jeu, beaucoup de jeu. »

Benoît Costil à propos de Philippe Montanier dans l’Equipe

Le mythe de la préparation physique

En réponse à quelques critiques que nous avons eu sur un autre article, nous avons décidé de laisser la parole aux gens qui savent ce qu’est la préparation physique.

« Un autre mythe, par ignorance, c’est de penser que si un joueur court plus il va jouer un meilleur football. » Angel Coppa entraîneur de football  

« Je n’ai jamais vu de joueurs de tennis courir autour du terrain avant de jouer. Ils jouent, tranquillement, frappant la balle quelques fois… et la partie commence. » Paco Seirulo préparateur Physique du FC Barcelone

« Avant, par erreur, on pensait que d’abord il fallait « fabriquer » un athlète et après le faire pratiquer un sport. Si on voulait travailler l’endurance on le faisait à la montagne, à la mer… n’importe où. Et après on adaptait cette résistance à son sport. Mais ce n’est pas ça. Comme ça on perd du temps et de l’énergie, car chaque sport requiert un traitement spécifique. » Paco Seirulo préparateur Physique du FC Barcelone

« C’est une déclaration forte, mais la préparation physique comme une grande partie de la société imagine n’existe pas. Dans le football ce que l’on recherche c’est l’équilibre entre les qualités physiques pour améliorer le niveau individuel à travers des entraînements techniques, tactiques, stratégiques et de complémentarité, et tout ça en pensant au rendement collectif des équipes. » Élio Carravetta, préparateur physique International Porto Alegre 

« Quand on me montre des images de pré-saisons avec des joueurs qui courent et travaillent dans des espaces qui ne sont pas un terrain de football, une plage ou un terrain de golf, je me dis que ce sont des méthodes dépassées, archaïques.  »  José Mourinho

« La forme n’est pas physique. La forme c’est beaucoup plus que ça. Le physique est le moins important dans la globalité de la forme sportive.«  José Mourinho

« Je ne sais pas où commence le physique et se termine le psychologique ou le tactique. Pour moi, le football est global et le joueur aussi et je n’arrive pas à faire de séparation. » José Mourinho

« Je ne travaille pas le physique. » José Mourinho

« Je ne crois pas, que dans le football d’aujourd’hui, il existe des équipes bien préparées physiquement et d’autres mal. Il y a des équipes adaptées, ou non, à la forme de jouer de leur entraîneur. Ce que l’on recherche c’est que l’équipe arrive à s’adapter au type d’effort que notre manière de jouer exige. » José Mourinho

« Aujourd’hui, dans ma méthodologie, il n’y a pas de place pour un préparateur physique traditionnel.«  José Mourinho

« L’objectif final c’est de jouer. Et, si c’est ça l’objectif, l’entraînement ne peut avoir qu’une seule signification : jouer. »  Rui Faria Préparateur Physique dans le livre « Porquê Tantas Vitórias« 

« Notre forme de travailler est clairement différente. Il n’y a pas de secrets. On valorise trop l’aspect physique, mais l’essentiel c’est l’organisation de l’équipe. Le secret est dans le savoir être, savoir faire. » Rui Faria préparateur physique dans le livre « Porquê Tantas Vitórias« 

« Les méthodes de José Mourinho sont très différentes de celles d’Octávio Machado. Avant, on avait 2 séances par jour, le matin on travaillait le physique et l’après midi la tactique. Maintenant on fait le physique avec la balle et comme ça il y a plus de joie à l’entraînement, parce que nous, les joueurs, on aime courir après la balle et non courir pour courir, qui est plus fatigant. Les exercices que l’on fait maintenant sont beaucoup plus motivants. » Ricardo Costa joueur de Valence dans le livre « Porquê Tantas Vitórias« 

Un sport… Deux méthodes… Un champion

Reprise de l’entrainement du PSG (on ne sait pas si c’est la section d’athlétisme ou de footbal) 

PSG
Reprise de l’entrainement du Bayern ballon ballon et ballon (ball ball ball comme dit maintenant Herr Pep)

pep

L’effort que font les joueurs du PSG, à savoir courir X kilomètres, ne sera jamais répété en match. En match ils auront à passer, accélérer, trottiner, accélérer, freiner, marcher, passer, accélérer, changer de sens etc.

Des méthodes archaïques pour un championnat qui se demande pourquoi il est en retard.

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