Les bons choix, toujours.

Bordeaux-Saint Étienne, les Bordelais mènent 1-0, perte de balle au milieu, contre pour les stéphanois 2 vs 2. Gradel fixe les défenseurs, mais pense à lui et pas à l’équipe. Une mauvaise décision.
Défaite stéphanoise, merci Gradel.

Les meilleurs doivent jouer !

pep guardiolaEn football les dribbleurs nous font rêver, c’est normal c’est le spectacle. Mais à la fin vous voulez quoi ? Que votre équipe ait gagné ou que votre joueur préféré ait réussi 15 super dribbles de fou ?
Je ne suis pas contre les dribbleurs au contraire, mais si mon joueur réussi le premier dribble en 1 contre 1 puis se lance dans un 1 contre 2 et perd la balle, à quoi bon ?
Si le football appartenait aux dribbleurs, Quaresma et Ben Arfa seraient les rois du monde… Mais non, nous sommes tous d’accord pour dire qu’ils « sont passés à côté d’une très grande carrière ». Car ils n’ont jamais appris ou voulu apprendre l’importance de faire le bon choix, de dribbler lors d’un 1 vs 1 quand le défenseur a de l’espace dans le dos, ou le choix de chercher un coéquipier démarqué ou un une deux quand il n’y a pas de place pour le dribble. Je vous donne là 2 exemples simples de ce que doit être un bon choix, et de comment être le plus efficace possible. Car le football c’est avant tout de l’efficacité.
Et comme dit Pep Guardiola dans le livre dans le livre de Marti Perarnau « Patricia (jeune coach espagnole des U19 de l’Azerbaïdjan) je te donne un seul conseil, mets toujours les meilleurs. Toujours ! » Elle lui demanda alors « Mais qui sont les meilleurs, les plus connus ? » Pep répondit alors « Non, les meilleurs sont ceux qui ne perdent pas la balle. Ceux qui passent la balle et ne la perdent pas. Ce sont eux les meilleurs. Ce sont eux qui doivent jouer, même si ils sont moins connus que les autres. »

L’efficacité donc.

Manuel Neuer, plus qu’un gardien de but.

Ce soir la FIFA et France Football donneront le Ballon d’Or à l’un trois meilleurs joueurs de l’année 2014. Malgré son poste, ce n’est pas surprenant de voir le portier allemand parmi les trois prétendants.

Pourquoi Manuel Neuer mérite-t-il ce prix?

Plusieurs raisons vont dans son sens. Il ne s’agit pas ici de faire des pronostics de piliers de comptoirs. D’autant plus que les critères sont devenus flous depuis que M. Blatter est venu y mettre son nez.

Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a aucun autre poste où un joueur fait l’unanimité en tant que référence mondiale. Vous pouvez demander à n’importe qui. Un expert, un novice, un joueur, un journaliste, un agent, un voisin, un collègue: « qui est le meilleur gardien du monde? » vous entendrez toujours: « Neuer ».

Qu’est-ce qui le différencie des autres?

Ses entraîneurs ont une philosophie différente des autres. Quand l’équipe a le ballon, alors pourquoi se priver du gardien? Si les deux défenseurs centraux ont le ballon et sont pressés par deux adversaires, pourquoi balancer si un trois contre deux est possible?

Et Neuer a toutes les qualités pour permettre à son équipe de relancer et de conserver le ballon. Son pied gauche est aussi précis que son pied droit. Son sang froid et sa technique lui permettent de se défaire d’un attaquant qui vient le presser. Sa vision du jeu lui permet de trouver le bon équipier démarqué. Son intelligence lui permet de faire le bon choix. Il sait quand jouer court, ralentir le rythme et quand accélérer le jeu en cherchant un ailier ou l’attaquant démarqué.

Jupp Heynckes a commencé à l’impliquer dans toutes les phases du Bayern. Guardiola l’a poussé vers la perfection.

Je n’ai évoqué aucune qualité « propres » à un gardien telles que le réflexe, la détente, l’autorité dans la surface. C’est normal car ces qualités, d’autres gardiens les possèdent aussi. Mais si Neuer est dans le top 3 du Ballon d’Or aujourd’hui, c’est parce qu’il est le seul à exceller dans le registre évoqué plus haut.

Il est le meilleur gardien du monde, le plus complet, et fait le bonheur de son club, sa sélection, ses entraîneurs, ses coéquipiers, ses supporters, ses proches. S’il gagne le prix si convoité ce soir, ce sera tout sauf immérité.

Un prix Nobel de littérature chez des analphabètes.

Le titre aurait pu être aussi « Un indien dans la ville » tellement la personne qu’est Bielsa ne colle pas du tout à l’environnement qui englobe le foot français.

Pour situer le contexte de cette conférence de presse, Marseille vient de perdre contre Monaco et se prépare pour la réception de Lille. Marcelo Bielsa livre une véritable leçon de football. Les médias français, tant chauvins et si critiques, voire méfiants, des arrivées de coachs compétents tels que Bielsa ou Jardim, mourront moins bêtes. En tout cas, espérons-le.

Je ne vais pas écrire des lignes pour reprendre et étayer les propos du professeur Bielsa. Je crois, que lui-même résume bien certains points:

1) Il défend, explique et argumente son style de jeu

2) Il ne dit pas que ce style est le meilleur

3) Il conserve un registre pédagogique pour instruire les incultes

Bielsa, tu me fais de la peine, mais je t’en supplie reste toi-même. Cela ne vaut pas la peine de tomber dans l’ignorance française.

 

Le football français selon José Anigo

coach-vahid-a-trabzonspor-avec-un-cadre-de-l-om-gignac-bielsa,87267 « Je sais maintenant que plus tu leur rentres dedans et plus ils te donnent. Il faut être très dur avec les joueurs. Le côté affectif, cette manière de coacher, je ne l’emploierai plus jamais. Les résultats actuels, c’est le travail de Bielsa, certes, mais c’est aussi parce que les joueurs font des choses aujourd’hui qu’ils acceptaient moins l’an dernier. Nous, avec Élie, on était dans le fonctionnement des entraîneurs français, plus dans l’affectif.  »                                                                                                        José Anigo

Donc selon José Anigo (dans L’Équipe) le succès de l’OM se doit à la façon dont Bielsa s’adresse aux joueurs ? A aucun moment, il se dit que les entrainements ou le projet de jeu y est pour quelque chose ? Que le football d’attaque donne envie aux joueurs de se donner à 200% pour leur coach ?

Dans notre façon de voir le football, le psychologique, le technique et le tactique ne font qu’un. Je ne pourrais pas dire à un joueur « aujourd’hui on bosse le placement défensif, mais sans envie, sans intensité et sans qualité technique ». Car un match est fait des 3 choses en même temps, et si je demande aux joueurs de faire ce qu’ils aiment le plus, ce qu’ils faisaient quand ils étaient gamin : jouer au foot, avoir le ballon, marquer et gagner. Alors forcément, oui, quand ils se voient jouer mieux et progresser… Ont ils une raison de ne pas aimer leur coach ?

Et d’après vous, pourquoi André Pierre Gignac qui, cette année, fait une de ces meilleures saisons, lie son futur à celui de son coach ? car il lui parle gentiment et lui apporte des croissants ? Ou car il se sent progresser, jouer comme jamais et qu’il prend du plaisir sur le terrain comme jamais il n’en a pris ?

« J’aimerais savoir si le coach reste. C’est une donnée importante pour ma prolongation ou pas » André Pierre Gignac 

A méditer…

Le football est un divertissement

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« Si les gens qui sortent du stade se sont divertis, alors nous avons déjà gagné. »

 

En une phrase Paco Jemez (entraîneur du Rayo Vallecano) a résumé l’essence même de ce que doit être un match de foot : du divertissement.

Avant tout résultats, ce qui est primordial c’est donner du plaisir aux milliers de personnes qui paient et donnent de leur temps pour venir supporter leurs équipes favorites. On donne du plaisir en se faisant plaisir. Demandez à n’importe quel joueur s’il préfère avoir le ballon ou courir derrière.

L’équipe du Rayo Vallecano est plaisante à regarder, chaque week-end elle orchestre un hymne à l’amour au beau jeu. Que ce soit à Mestalla, au Bernabeu ou sur la pelouse d’Almeria, l’équipe de ne change pas de philosophie. Chaque week-end, les joueurs du quartier de Vallecas à Madrid savent à quoi ils jouent. Créer une supériorité numérique dans chaque espace du camp adverse, des mouvements constants pour offrir plusieurs choix au porteur du ballon, dédoublements de passes sur les côtés, variances des attaques.

Bien évidemment inutile de vanter les mérites de cette incroyable équipe aux « résultadistes » qui préfèrent s’ennuyer 90 minutes en regardant son équipe obtenir un point en jouant avec 11 gardiens. Nous nous préférons une équipe qui pendant 90 minutes cherche à obtenir les trois points, quitte à n’en prendre aucun… Après tout, quelle honte à perdre au Bernabeu ou au Camp Nou ?

En 2013, malgré la défaite 4-0 contre le Barça, les catalans ont perdu la possession du ballon après 317 matchs. Avec le 19ème budget de Liga (tiens, tiens l’argent n’est donc pas un vecteur indispensable de beau jeu ??? #Ligue1) les spécialistes espagnols vantent le spectacle qu’offre les joueurs de Paco Jemez. Pour la saison 2013-2014, les instances de l’UEFA ont interdit le club de participer à l’Europa League pour des raisons financières malgré une remarquable huitième place en Liga.

Paco, si seulement tu pouvais te cloner en une dizaine d’exemplaires pour la Ligue1 … Le « banal match de Ligue 1 » entre OGCN et ASSE ce week-end est aux antipodes de tes pensées. Et pourtant, ici on devrait s’inspirer de toi.

« Le football appartient aux joueurs »

jurgen« Le football appartient aux joueurs, moi quand j’étais footballeur je sentais que, quand j’avais le ballon dans les pieds, je dominais le jeu, je le contrôlais. Ici [conférence sur le football en Argentine] on le contrôle nous, on est très bien. Mais après l’arbitre donne le coup de sifflet, ça commence et là… tu peins des tableaux. Rien. Le football appartient aux joueurs, nous ne devons jamais l’oublier. On va au foot pour les voir eux. […] Tu peux contrôler tout ça (l’organisation sur le terrain) Mais il [Messi] arrive près de la surface, il reçoit un ballon, il est entouré de 4 adversaires et il la met dans la lucarne. Mon ami, quelle influence j’ai moi à ce moment là ? »

Lors d’une conférence en Argentine il y a un an et demi, Pep Guardiola a parlé de son rôle d’entraineur.
On peut tout montrer aux joueurs, comment attaquer, défendre, leur donner le feedback pour le match. Mais au final ce sont eux qui sont sur le terrain pas l’entraineur. Ce sont eux qui décideront de tirer au lieu de passer, de centre fort  au lieu de la mettre en retrait etc.
Même si le coach leur a donné les clés ce sont eux qui ont le pouvoir. Et ça c’est le football.

Aujourd’hui Klopp voit son Dortmund lutter pour ne pas descendre, mais quelqu’un va critiquer la qualité du coach allemand ? Que peut il faire quand son équipe a 8-9 occasions nettes mais que ça ne rentre pas ? Que peut-il faire quand l’adversaire, dans les dernières minutes, met un coup franc en lucarne ? Quelle influence a eu Klopp à ces moments donnés ?

La qualité d’un coach ne peut pas se juger sur les résultats, mais sur la qualité du jeu, sa philosophie. Et je ne prends aucun risque en disant que le Borussia sera bientôt revenu au top en championnat.

Il n’y a pas de « XI type »

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Tout d’abord, je recommande fortement à tous les amateurs de football (et plus particulièrement du métier d’entraîneur) qui savent lire en espagnol de lire « Herr Pep » du génial Martí Perarnau.

Pour les non-hispanophones il est écrit ci-dessus:

En plein milieu d’une conversation, Pep interroge l’auteur en tentant de lui faire comprendre un point essentiel. Il demande: « Si la finale de la Champions League était demain, quel serait ton XI? » L’auteur explique, que proposer un XI à Pep et son adjoint était une tentation qu’il ne pouvait refouler. Alors l’auteur armé d’une inconscience irrationnelle lui répondit: « C’est très clair. Je mettrai les onze qui sont le plus en forme à ce moment-là dans un 4-2-3-1 ». L’auteur explique qu’il a commencé à nommer les onze qu’il ferait jouer et Pep écoutait sans broncher. Cependant, Domènec Torrent (un des adjoints de Pep) a tardé moins de deux secondes pour l’interpeller. « Et si c’est contre le Real Madrid de Cristiano et Bale, tu ne mets pas Boateng, le central le plus rapide? Et si c’est contre le Barça, tu affronterais Messi sans Bastian (Schweinsteiger)? Et si c’est contre Chelsea, tu jouerais avec un 9 fixe et sans Götze ni Müller? ». Fin de la traduction.

Ce que Domènec Torrent veut expliquer par là est très simple. Pour gagner un match, il faut au préalable deux requis:

– une excellente analyse du rival: quelles sont ses forces et faiblesses?

– une parfaite connaissance de son groupe de joueurs: quelles sont nos forces et faiblesses?

Il n’y a pas de « XI type ». Bien sûr, les plus réticents pourront nous dire qu’ils sont capables de dégager un « XI type » de toutes les équipes qui ont marqué l’Histoire. Mais la préparation d’un match ne se résume pas à faire jouer les onze « meilleurs » ou les onze qui sont le plus en forme. Selon les caractéristiques de l’adversaire et du groupe qu’il a en sa possession, un entraîneur est toujours amené à modifier son « XI ».

Les onze joueurs que l’entraîneur décide d’aligner doivent, de par leur caractéristiques et celles de l’adversaire, être capables de profiter des faiblesses de l’adversaire pour gagner et de connaître et savoir estomper les forces de l’adversaire.

Cela souligne un aspect clé dans la football actuel, le scouting. Aujourd’hui chaque staff technique dispose de personnes et de technologies suffisamment efficaces pour analyser parfaitement leurs adversaires. Plus loin dans le livre, l’auteur explique la méticulosité de Guardiola et les moyens mis en place par lui et son staff pour connaître les moindres détails des équipes qu’ils affrontent ainsi que l’évolution de leur groupe.

Laissons parler les joueurs

« Il y a vraiment beaucoup de bonne volonté. C’est une méthode différente des saisons précédentes. Il n’y a pas beaucoup de foncier. C’est plutôt basé sur du jeu avec ballon. »

Philippe Montanier pose déjà sa patte ?
« Il apporte sa touche à lui, avec l’expérience qu’il a eue en Espagne. C’est du jeu, beaucoup de jeu. »

Benoît Costil à propos de Philippe Montanier dans l’Equipe

Un sport… Deux méthodes… Un champion

Reprise de l’entrainement du PSG (on ne sait pas si c’est la section d’athlétisme ou de footbal) 

PSG
Reprise de l’entrainement du Bayern ballon ballon et ballon (ball ball ball comme dit maintenant Herr Pep)

pep

L’effort que font les joueurs du PSG, à savoir courir X kilomètres, ne sera jamais répété en match. En match ils auront à passer, accélérer, trottiner, accélérer, freiner, marcher, passer, accélérer, changer de sens etc.

Des méthodes archaïques pour un championnat qui se demande pourquoi il est en retard.

Le foot selon Guy Roux

« Ce serait un bon choix. Avec de tels joueurs, il n’y a pas besoin de travail technique à l’entraînement. Le boulot consiste juste en un travail psychologique, la résolution de problèmes humains et d’osmose dans l’effectif et bien sûr la mise en place d’une tactique. Tout ça, il sait le faire » Guy Roux à propos de la nomination de Laurent Blanc

Pour Monsieur Guy le Football est donc une colonie de vacances. Petits jeux entre amis, rigolade, douche et dodo. Le football ce n’est pas ça quand on veut réussir, et ce n’est plus ça au XXIème siècle. C’est de la science fiction que d’imaginer des joueurs comme Zlatan et Thiago Silva jouer à la baballe. Le travail tactique d’un côté et le technique de l’autre et le physique dans la forêt ça n’existe PLUS, c’est même surréaliste d’imaginer cela. C’est exactement comme si je vous disais « je te laisse un message sur ton bi-bop après m’être connecté sur mon minitel. »

Tactique-Technique-Physique tout n’est qu’un, sur un terrain les trois sont liés.

Et pour finir une citation de José Mourinho : « Un grand pianiste ne tourne pas autour du piano et le regarde. Pour être excellent, il joue du piano. Pour être un grand footballeur, ce n’est pas courir, avoir des contacts ou faire du travail physique. Le meilleur moyen de devenir un grand footballeur, c’est de jouer au football »

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